La chorale Sayat Nova de Nice

 

 

LA CHORALE ARMENIENNE SAYAT NOVA FETE SES DIX ANS
 
 
 
 
 
 

 

 

        La chorale Sayat Nova, créée en 1992 par une dizaine d’amateurs de musique arménienne, est devenue au fil des ans, l’un des principaux acteur de la scène culturelle arménienne de la Côte d’Azur. Elle constitue également un point de rencontre pour de nombreux mélomanes provenant d’horizons très divers. Avec talent et persévérance, notre chef de choeur, Monsieur Khatchig Yilmazian nous enseigne son art et dirige la chorale depuis 1993. Il est secondé dans sa tâche par son épouse, Mme Juliette Yilmazian, une remarquable pianiste.

        Le dimanche 6 février 1994 fut une date importante dans la vie de la chorale. Pour la première fois, elle interprétait de manière officielle, la messe polyphonique de Magar Ekmalian en l’église Sainte Marie de Nice, à l’occasion de l’ordination de 4 diacres, dont 3 sont membres de la chorale. L’édition de Nice-Matin datée du 11 février 1994 a relaté cet évènement tout en ajoutant que « la communauté arménienne de Nice a pour la première fois découvert l’existence d’une chorale... cela a été possible grâce au dévouement de M. K. Yilmazian venant de Marseille qui a entraîné et perfectionné depuis plus d’un an cette chorale composée de 35 membres. La création de celle-ci revient à un comité animé par Mme V. Conquet et M. Z. Mardirosyan ».

        Depuis, à l’occasion des cérémonies religieuses (mariages, baptèmes, enterrements) la chorale se met à la disposition de son église, afin d’enrichir les messes de leurs voix venant du fond de leur coeur et de leurs solos émouvants et gracieux. L’existence de cette chorale est la concrétisation d’un rêve vieux de 80 ans dans notre communauté. Monsieur Dikran Hacyan, si cher à notre coeur et à notre mémoire, ne manquait jamais de le redire, appuyé en cela par son épouse, l’une de nos grandes amies. En avril 1997, à l’occasion des manifestations de commémoration du génocide des Arméniens, la chorale a démontré toute l’étendu de son talent lors d’un concert au Complexe-Ecole Barsamian. Le quotidien Nice-Matin écrivait alors : « la chorale Sayat Nova de Nice se révèle un véritable creuset avec ses quarante chanteurs qui savent faire vibrer le public avec des mélodies traditionnelles très évocatrices ».

        Autre moment privilégié et chargé d’émotions avec la venue du ténor de réputation internationale Gegham Grigorian qui, accompagné de la chorale, a donné un concert au profit du Complexe-Ecole Barsamian en la Cathédrale de Nice. A noter ce jour-là la présence de Mme Lucy Barsamian et de ses soeurs, toutes trois sensibles et amatrices d’oeuvres arméniennes. Puis en juin 1997, après 5 ans de travail acharné, la chorale connut la consécration et la reconnaissance lors du 1er Festival de Musique Sacrée. A cette occasion, les couleurs de notre belle musique liturgique furent élevées très haut grâce à ses choristes et ses talentueuses solistes : D. Goguet, A. Mardirosyan et, en représentation exceptionnelle en France pour la première fois, la mezzo-soprano anglaise Annah Colls. Est-il nécessaire de décrire l’émotion ressentie par tous ces Arméniens d’écouter une cantatrice anglaise interpréter avec tant de coeur et de sensibilité notre « Der Voghormia » ? Il est vrai que les répétitions intenses menées par K. Yilmazian y ont largement contribué... Ne dit-on pas d’ailleurs « qu’il porte ses choristes par sa seule énergie » ? Durant ce concert, la chorale fut brillamment accompagnée au violon alto par Ari Yilmazian. Ce premier concert de musique sacrée en l’église St François de Paul fut suivi en juin 1999 par une 2e représentation, fait assez rare pour être signalé. En effet, il témoigne du fait que la chorale Sayat Nova s’est hissée au niveau des plus grandes en participant pour la deuxième fois à ce festival. Les organisateurs et le public, séduits par leur précédente prestation, lui accorderont l’honneur du concert de ce 25e Festival en la Cathédrale Ste-Réparate au Vieux Nice. Chacun des membres ainsi que le chef, ressentira en son âme, la fierté et le bonheur d’être ce messager qui transmet l’authentique pureté de ses mélodies dont les origines remontent aux premiers siècles de notre ère, et qui portent en elles l’empreinte de son histoire mouvementée et souvent douloureuse.

        En avril 1999, c’est l’église Anglicane qui accueille le concert commémoratif du Génocide de 1915. D’ailleurs, c’est ce jour que choisit la chorale pour présenter au public l’Oratorio composé par Ara Bartevian, sur le poème de Siamanto « Godoradz » dédié aux victimes du génocide. Brillante prestation de la chorale qui eut le plaisir de faire écouter au public niçois la superbe voix de notre talentueuse soprano Fabienne Chanoyan. Le quotidien Nice-Matin du 27 avril 1999 écrivait alors : « la direction de cette chorale revient à un homme heureux, Khatchig Yilmazian : « le fait que les jeunes s’occupent avec autant de motivation de culture arménienne et de musique me touche beaucoup car la musique est universelle et les différences sont les richesses de l’humanité. » Derrière ce concert, un véritable appel à la paix et à la tolérance, message dont l’impact est aussi fort aujourd’hui qu’hier. »

        En juillet 1998, M. K. Ajderhanyan organisa un concert au profit de l’école Barsamian à l’Opéra Chantier Naval d’Antibes. Il présenta en cette soirée mémorable, et devant pas moins de 1 700 spectateurs qui pour la plupart resteront debout par manque de place, d’une part la chorale arménienne avec de jolis chants et d’autre part, un groupe de danse folklorique venus d’Arménie. La chorale, témoin des évènements heureux, mais aussi douloureux marquant la vie de notre communauté de Nice, accompagne son frère Garo Abacyan jusqu’à sa dernière demeure, avec une messe de requiem le 15 septembre 1998. Tout comme Dikran Hacyan, ils resteront à tout jamais, les amis de coeur de la chorale.

        En décembre 1998, la chorale dans sa totalité, se joint à la chorale soeur de Sahak Mesrop de Marseille pour un concert prestigieux, afin de fêter le 20e anniversaire de celle-ci. Ce concert, qui s’est joué à guichets fermés à l’Auditorium du Pharo de Marseille, a permis à nos deux chorales d’être accompagnées par l’orchestre philharmonique de Marseille. Ce jour fut un grand moment de musique arménienne sous la conduite de K. Yilmazian qui dirigea sur scène, plus de 150 musiciens et choristes avec un talent inimitable.

        Sensible à l’effort de tous les bénévoles oeuvrant au profit d’enfants malades, la chorale ne pouvait rester indifférente à la requête d’un membre dévoué et généreux de notre communauté, Mme Louise Andalian, organisatrice de deux concerts au profit de l’association Indigo, sous l’égide du Lions Club-Nice-Victoire. Le premier eut lieu en octobre 1998 en la Cathédrale Sainte-Réparate ; le second trois ans plus tard, en avril 2001 pour être plus précis.

        Depuis deux ans déjà, les membres de la chorale ont fondé l’Académie de Musique Arménienne d’Europe afin de réunir un plus grand nombre de choristes. Cette association a pour but de diffuser et d’enseigner les chants et la messe à tous ceux qui le désirent, arménophone ou non car comme le dis si bien Dikris Goguet : « Comment transmettre un message d’amitié à ceux qui ne parlent pas votre langue autrement que par la musique ? » Parce que la nôtre possède des harmonies universelles et qu’elle peut représenter la culture, l’émotion et l’histoire arménienne, la chorale Sayat Nova de Nice accomplit cette tâche avec beaucoup de coeur et de mieux en mieux. La chorale s’est donnée la mission de chanter encore et encore les joyaux de notre musique, et promouvoir celle-ci à travers les peuples. Il lui faudra, pour mener à bien cette tâche, beaucoup de travail, de sacrifices, de l’enthousiasme, du courage et un grand amour pour elle.

        L’Académie de Musique Arménienne peut s’enorgueillir de compter dans ses rang un chef tel que K. Yilmazian pour perpétrer nos traditions. Il nous faut des catalyseurs, des meneurs solidement motivés et assez cultivés, chargés naturellement d’une mission sociale, et possédant assez de charisme pour transmettre leur passion et enseigner. Des individus réunissant toutes ces qualités sont, avouons-le, très rares. Mais lorqu’on en rencontre, il faut les encourager et leur rendre hommage. M. Yilmazian est de ceux-là, nous n’omettons jamais de le souligner, et sommes fiers de le faire savoir. Beaucoup d’Arméniens de Nice ont fait partie de la chorale. C’est honorable. Toutefois, l’enjeu est si valorisant pour notre communauté que l’idéal serait, un jour prochain, non pas d’être 45 sur une scène, mais 145. Vous qui écoutez avec tant d’émotion les chants arméniens, imaginez qu’elle serait cette émotion si vous les interprétiez vous-mêmes. Il est vrai qu’au début, la gorge est serrée par le trop plein de sensations. Mais cela se tasse et on ne pense plus qu’à la mélodie chantée, emportés par l’élan. Oui, c’est possible ! Votre Académie est là et vous acceuille à bras ouvert, vous tous !




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